Affichage des articles dont le libellé est dessins. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est dessins. Afficher tous les articles
jeudi 21 septembre 2017
mardi 31 janvier 2017
jeudi 17 décembre 2015
samedi 22 février 2014
vendredi 8 novembre 2013
mercredi 23 octobre 2013
mook autrement
deux dessins parus dans le mook Autrement sur le thème du Grand Paris
en vente dès aujourd'hui dans toutes les bonnes librairies !
... et avec les très belles photos de Laure Samama, dont la couverture !
mercredi 2 octobre 2013
vendredi 20 septembre 2013
mardi 17 septembre 2013
samedi 14 septembre 2013
jeudi 4 juillet 2013
jeudi 27 juin 2013
samedi 22 juin 2013
lundi 17 juin 2013
mère cosmique
"Je boite encore.
La
douleur à poser mes pieds au sol explique peut-être que j’aime tant tournoyer
les deux mains liées à celles d’une amie, jusqu’à ne plus y voir clair et
tomber à plat dos sur l’herbe du jardin. Aujourd’hui encore, j’aime tourner
dans les bras de celui que j’aime, à ne plus le reconnaître quand j’ouvre les
yeux.
J’ai
tout essayé, la danse et puis la ronde mimétique, pourtant je n’y arrivais pas.
Jamais je n’étais sereine.
La
décision fut douloureuse, mais probablement moins que la souffrance qui me
hantait. J’ai longtemps hésité. J’ai du cesser les évitements, les mascarades
et la recherche de l’oubli. J’avais peur de ce que j’allais trouver, j’avais
peur de brûler tout ce que j’avais péniblement construit. J’étais effrayée.
Tout en moi criait de ne pas le faire et pourtant je ne pouvais plus reculer,
je ne pouvais plus me distraire.
Je
me suis assise, j’ai dénoué mes lacets et retiré mes chaussure, je les ai
posées sur le sol. J’ai repris mon souffle. Je les ai soulevées avec précaution
et rapprochées de mes yeux. J’y ai aperçu quelques petits cailloux. J’ai plongé
ma main dans les chaussures et j’ai retiré les pierres. Dans le creux de ma
main, je les ai regardées et j’ai su.
J’ai
su que dans ce monde tel que me l’imposait mon père il n’y avait nulle place
pour mon désir. Mais surtout que ce monde qu’il avait façonné n’avait pas plus
de réalité que le mien. Ne restait plus qu’à faire exister ce que mes rêves
dessinaient timidement à l’intérieur de moi !
J’ai
déposé les cailloux sur la table, à égale distance les uns des autres et j’ai
attendu que les heures passent. J’ai rangé les chaussures à côté du lit, le
cuir commençait à se déformer, mais rien n’était définitif. La chair de mes
pieds était meurtrie, mais rien de vital ne semblait atteint. J’ai pris de
l’huile au creux de mes mains et je les ai longuement massés. Ils étaient trop
gras pour que je puisse les poser au sol, mais j’avais l’habitude.
J’étais
face à la surface lisse de la table, un peu brillante. Et posés dessus, ceux la
que je ne voyais pas, il y a peu, mais que je sentais depuis presque toujours.
Les
mots se sont mis à bouillonner.
Je
regardais ces mots qui m’avaient accompagnée durant toutes ces années, faisant
mon chemin chaotique. Eux qui m’avaient tant fait souffrir, les blancs, les
gris, les bleus, les polis, les tranchants. Je les regardais et j’aurais pu les
maudire. Et pourtant non, je commençais à les aimer et je sentais cet amour
grandir en moi à les voir ainsi, alignés devant moi, livrés, à jamais, fermés,
pour toujours, et là.
Posés,
encore.
Plein,
durs et denses comme l’amour
Jusqu’à
la fin des temps, mes cailloux, mes mots, mes blessures, mes amours.
Oui,
je les aime et je vous les offre.
Il
en reste encore quelques uns."
Laure Samama
Inscription à :
Articles (Atom)


























